Un adage juif d’Europe centrale dit qu’« on ne peut être à moitié enceinte » ; c’était bien avant que la politique ne devienne un métier à plein temps.
Il y a trois mois, presque jour pour jour, sur ce blog, je rappelais en quels termes fut libellée, fin janvier 1981, la dernière partie de la quatre-vingtième proposition du candidat Mitterrand : « Droit de vote des étrangers aux élections municipales après cinq ans de présence sur le territoire français ». Et en quoi consistait, il y a moins d’un an, le cinquantième « engagement pour la France » du candidat Hollande : « J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans ».
Officiellement, à gauche - hormis quelques chevènementistes à l’échine aussi souple que celle de leur mentor - nous serions tous d’accord, ce ne serait qu’affaire de méthode : modifier la Constitution, réunir le Congrès à Versailles, atteindre le quorum de 3/5 des voix. Des voix, il en manquerait une quarantaine : entre la poire et le fromage, reste donc à convaincre, un à un, un nombre suffisant de modérés, centristes et autres hésitants.
Le Premier ministre ne semble pressé ni de se lancer dans un processus parlementaire où il n’est pas assuré d’avoir la majorité, ni de rallumer un débat identitaire qui ferait, selon l’expression usée jusqu’à la corde, « le jeu du Font national » ; attendons, prêcherait-t-il en petit comité, d’avoir une vraie chance, donnons du temps au temps. Depuis un tiers de siècle qu’on en parle, un an ou deux de plus ou de moins...
Ô surprise, le Parti socialiste, par la voix de son Premier secrétaire et celle de son Président de groupe à l’Assemblée, se fait tout à coup plus péremptoire : que le Congrès se prononce vite, qu’il vote la loi ou, s’il ne la vote pas, que tout le monde voie c’est à cause de la droite ! A la bonne heure, mais... ne serait-ce pas là un jeu de rôles ? Y aurait-t-il deux lignes au PS ? A la tête de celui-ci, est-on sincère et déterminé, ou s’agit-il d’une mise en scène devant aboutir encore une fois à un projet de loi fantôme, errant entre Assemblée et Sénat ?
Et le Président de la République dans tout cela ? Depuis son élection, on ne peut dire qu’on ait assisté, sur ce sujet, à beaucoup de démonstrations d’enthousiasme de sa part.
Point de procès d’intention : présider la France est moins simple que jamais. Mais tout de même : entre la PMA pour les couples de même sexe, la nationalisation temporaire de Mittal, le droit de vote des étrangers non-européens, que veut, que pense au juste le Chef de l’Etat ? Est-il Salomon ? Ponce Pilate ? Machiavel ? Est-il toujours ce manœuvrier hors pair qui sut durer onze ans à la tête de PS, au prix de majorités de congrès bricolées sur des courants qui s’entredéchiraient encore deux heures avant ? Est-il - Corrèze oblige - un avatar du petit père Queuille, à qui l’on prêta, apocryphe ou non, cette phrase fleurant bon les banquets radical-cassoulet de la IVème : « Il n’est pas de problème qu’une absence de solution ne puisse résoudre » ?
Nous ne devrions pas tarder à le savoir : ce temps politique n’est plus exactement celui où l’on pouvait encore « donner de temps au temps ».
Il y a trois mois, presque jour pour jour, sur ce blog, je rappelais en quels termes fut libellée, fin janvier 1981, la dernière partie de la quatre-vingtième proposition du candidat Mitterrand : « Droit de vote des étrangers aux élections municipales après cinq ans de présence sur le territoire français ». Et en quoi consistait, il y a moins d’un an, le cinquantième « engagement pour la France » du candidat Hollande : « J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans ».
Officiellement, à gauche - hormis quelques chevènementistes à l’échine aussi souple que celle de leur mentor - nous serions tous d’accord, ce ne serait qu’affaire de méthode : modifier la Constitution, réunir le Congrès à Versailles, atteindre le quorum de 3/5 des voix. Des voix, il en manquerait une quarantaine : entre la poire et le fromage, reste donc à convaincre, un à un, un nombre suffisant de modérés, centristes et autres hésitants.
Le Premier ministre ne semble pressé ni de se lancer dans un processus parlementaire où il n’est pas assuré d’avoir la majorité, ni de rallumer un débat identitaire qui ferait, selon l’expression usée jusqu’à la corde, « le jeu du Font national » ; attendons, prêcherait-t-il en petit comité, d’avoir une vraie chance, donnons du temps au temps. Depuis un tiers de siècle qu’on en parle, un an ou deux de plus ou de moins...
Ô surprise, le Parti socialiste, par la voix de son Premier secrétaire et celle de son Président de groupe à l’Assemblée, se fait tout à coup plus péremptoire : que le Congrès se prononce vite, qu’il vote la loi ou, s’il ne la vote pas, que tout le monde voie c’est à cause de la droite ! A la bonne heure, mais... ne serait-ce pas là un jeu de rôles ? Y aurait-t-il deux lignes au PS ? A la tête de celui-ci, est-on sincère et déterminé, ou s’agit-il d’une mise en scène devant aboutir encore une fois à un projet de loi fantôme, errant entre Assemblée et Sénat ?
Et le Président de la République dans tout cela ? Depuis son élection, on ne peut dire qu’on ait assisté, sur ce sujet, à beaucoup de démonstrations d’enthousiasme de sa part.
Point de procès d’intention : présider la France est moins simple que jamais. Mais tout de même : entre la PMA pour les couples de même sexe, la nationalisation temporaire de Mittal, le droit de vote des étrangers non-européens, que veut, que pense au juste le Chef de l’Etat ? Est-il Salomon ? Ponce Pilate ? Machiavel ? Est-il toujours ce manœuvrier hors pair qui sut durer onze ans à la tête de PS, au prix de majorités de congrès bricolées sur des courants qui s’entredéchiraient encore deux heures avant ? Est-il - Corrèze oblige - un avatar du petit père Queuille, à qui l’on prêta, apocryphe ou non, cette phrase fleurant bon les banquets radical-cassoulet de la IVème : « Il n’est pas de problème qu’une absence de solution ne puisse résoudre » ?
Nous ne devrions pas tarder à le savoir : ce temps politique n’est plus exactement celui où l’on pouvait encore « donner de temps au temps ».